C'est désormais une tradition. À la veille des congés scolaires, collégiens et lycéens déferlent dans les rues de la ville. On s'amuse, on chante, on danse. On boit beaucoup aussi. Tapage nocturne, dégradations en série, trois jeunes retrouvés par les gendarmes en état de quasi-coma éthylique : à la Toussaint, la bringue dérape.
Ces débordements provoquent la colère du sous-préfet, Marc de la Forest-Divonne. Mi-décembre, lors d'une conférence de presse, il invite la maire à prendre un arrêté ponctuel interdisant la consommation et la vente d'alcool sur la voie publique, entre 20 h et 8 h. Mais Annie Le Houérou reste sourde à ces injonctions.
Pour éviter les dérapages, Marc de la Forest-Divonne émet l'idée d'encadrer la fête au parc de Kergoz. À l'époque, Guingamp communauté, qui a la compétence de la jeunesse, et la ville promettent de se pencher sur la question. Deux mois plus tard, ça n'a guère avancé.
Du froid annoncé
« Au niveau communautaire, rien n'est prévu pour vendredi, faute de temps. On est surtout en train de préparer quelque chose de sérieux pour Pâques », indique Aimé Dagorn, le président de Guingamp communauté. À la mairie, le son de cloche est identique : « Il n'y aura rien d'organisé par la mairie, confirme, Pierre-Yves Conan, l'adjoint chargé de la jeunesse. On n'a pas les moyens humains dans l'immédiat et on n'a pas envie de faire ça dans la précipitation. Ce qui est compliqué, c'est de gérer l'accueil des jeunes tout en garantissant un minimum de vigilance. On ne veut pas être les organisateurs d'une soirée qui dérape. En plus, nous, on veut que la demande vienne des jeunes. » La sous-préfecture, elle, n'a pas répondu à nos sollicitations.
Vendredi, les élus ne seront pas sur le terrain. « C'est une façon d'alerter les parents. C'est à eux d'en parler avec leurs enfants », glisse Pierre-Yves Conan. Les gendarmes assureront seuls la prévention. Et la... répression. « Les soirées cartables sont une réalité de la ville dont nous tenons compte, mais on n'aura pas de dispositif particulier », indique Pascal Louis, le commandant de la compagnie de gendarmerie de Guingamp. En décembre, ils étaient environ cinquante à quadriller le centre-ville.
Quid donc de la soirée cartable de vendredi ? Sera-t-elle agitée comme à la Toussaint ou calme comme à Noël ? Cela dépendra beaucoup du temps. En décembre, le froid et la neige avaient douché l'enthousiasme des fêtards. Pour le week-end prochain, Météo France annonce encore des températures négatives. Une fraîcheur qui pourrait une nouvelle fois freiner l'ardeur des jeunes...
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